Loir dans les combles

Bruits dans les murs ou le plafond : comment savoir qui s’est installé chez vous
0 (0)

Des grattements au milieu de la nuit, des petits pas pressés au-dessus de la chambre, un bourdonnement sourd derrière un cloison : ces bruits ont de quoi inquiéter. Avant d’imaginer le pire ou d’acheter le premier produit venu en grande surface, une étape s’impose : identifier l’occupant. Bonne nouvelle, le son lui-donne déjà beaucoup d’indices. Avec un peu d’observation, il est souvent possible de savoir à qui l’on a affaire, et donc de choisir la bonne réponse.

bruits dans les murs

Avant tout, observateur : quand, où et quel bruit

Pendant quelques jours, notez ce que vous entendez. Trois questions suffisent pour orienter le diagnostic :

  • À quel moment ? En pleine nuit, à l’aube, au crépuscule ou en journée. Chaque animal à ses horaires.
  • À quel endroit ? Dans les combles, un faux plafond, une cloison, sous un plancher, près des canalisations ou d’un conduit de cheminée.
  • Quel type de fils ? Un grattement, une course, un roulement, un rongement, un bourdonnement ou un léger cliquetis.

Ces quelques notes, prises à froid, valent mieux qu’une impression au réveil. Elles vous serviront aussi si vous devez décrire la situation à un professionnel.

Grattements et petites courses la nuit : souris et rats

Les rongeurs sont les suspects les plus fréquents. Ils sont actifs surtout la nuit, quand la maison est calme, et se déplacent dans les espaces creux : cloisons, doublages, faux plafonds, gaines techniques.

La souris fait des bruits légers et rapides : petits grattements, trottinements furtifs, parfois de faibles couinements. Elle se faufile par des ouvertures minuscules et peut s’installer aussi bien dans une cloison que derrière un meuble de cuisine.

Le rat est plus lourd, et cela s’entend. Les courses sont plus marquées, les grattements plus forts, et l’on perçoit parfois un rongement régulier sur du bois ou une gaine. On le trouve souvent dans les combles, sous les planchers, dans les grottes ou à proximité des canalisations.

Pour confirmer, recherchez les indices visuels : crottes le long des murs ou dans les placards, traces de grignotage sur les emballages, câbles ou plinthes, traînées d’herbes sur les passages, odeur d’urine persistante. Une souris isolée peut parfois se régler avec quelques pièges bien placés. Mais quand les bruits reviennent chaque nuit et que les traces se multiplient, mieux vaut faire intervenir un dératiseur , qui repérera les points d’entrée et traitera le problème à la source plutôt que ses symptômes.

Roulements et vacarme dans les combles : loirs et lérots

Si les bruits nocturnes ressemblent à une bille qui roule, à une cavalcade ou à de véritables chamailleries au-dessus du plafond, pensez au loir ou à son cousin le lérot. Ces petits rongeurs à la queue touffue aiment les greniers, les combles isolés et les charpentes, surtout dans les maisons proches des bois ou des jardins.

Leur signature est saisonnière : très actifs du printemps à l’automne, ils deviennent silencieux en hiver, période pendant laquelle ils hibernent. Un tapage qui s’arrête net aux premiers froids et reprend aux beaux jours est un indice assez fiable. Ils peuvent aussi grignoter l’isolant et laisser des réserves de nourriture dans les combles.

Bruits à l’aube ou au crépuscule : oiseaux et chauves-souris

Des grattements et des battements d’ailes tôt le matin ou en fin de journée, souvent près de la toiture, trahissent plutôt des oiseaux. Ils nichent volontiers sous les tuiles, dans une avancée de toit ou dans un conduit de cheminée. Au printemps, des piaillements réguliers signalent la présence de petits au nid.

Les chauves-souris, elles, se manifestent au crépuscule, au moment de sortir chasser, et parfois en fin de nuit à leur retour. On entend alors de petits cris aigus et des frottements dans les combles ou derrière un bardage.

Attention : toutes les chauves-souris et la plupart des oiseaux sont des espèces protégées en France. Il est interdit de les détruire ou de détruire leurs nids. On ne bouche donc pas leur accès au hasard, et l’on se renseigne avant toute action, par exemple auprès d’une association de protection de la nature.

Bourdonnements et cliquetis : quand ce sont des insectes

Un bourdonnement continu, audible surtout en journée et par temps chaud, peut provenir d’un nid de guêpes ou de frelons installé dans une cloison creuse, un caisson de volet roulant ou sous la toiture. Observez l’extérieur : un va-et-vient régulier d’insectes autour d’un même point confirme souvent le diagnostic. Dans ce cas, mieux vaut éviter de colmater le trou ou de pulvériser un produit à l’aveugle, au risque de pousser les insectes vers l’intérieur.

Plus discrets, de petits cliquetis ou grignotements dans une poutre, un parquet ou un meuble ancien peuvent être le fait d’insectes qui vivent dans le bois. La présence de petits trous et de fine sciure au sol est alors un signe à prendre au sérieux.

Et si ce n’était pas un animal ?

Tous les bruits ne sont pas vivants. Une charpente ou des canalisations qui se dilatent avec la chaleur du chauffage, un tuyau qui claque quand on ferme un robinet, une VMC qui vibre ou une gouttière qui travaille sous le vent produisent eux aussi des craquements et des cognements. Le plus souvent, ces bruits sont réguliers et liés à un usage précis : la mise en route du chauffage, une douche, un coup de vent. Si le son coïncide toujours avec la même action, la piste mécanique est la plus probable.

Les bons réflexes en attendant d’identifier l’intrus

  • Ne bouchez pas un trou tant qu’un animal peut se trouver à l’intérieur : il risquerait de mourir dans la cloison ou de chercher une autre sortie, parfois vers l’intérieur de la maison.
  • N’éparpillez pas de produits ou d’appâts au hasard, surtout en présence d’enfants ou d’animaux domestiques.
  • Inspectez les combles et le tour de la maison à la recherche d’ouvertures, de traces ou de nids.
  • Rangez les denrées dans des contenants fermés et ne laissez pas de nourriture accessible la nuit.

Pour vous aider à faire le point, voici un récapitulatif des cas les plus courants :

BruitMomentLieuSuspect probable
Grattements légers, trottinementsNuitCloisons, faux plafonds, cuisineSouris
Courses lourdes, rongementsNuitCombles, planchers, cavesRats
Roulements, cavalcadesNuit, du printemps à l’automneGrenier, comblesLoirs, lérots
Battements d’ailes, piaillementsAube, fin de journéeToiture, conduitOiseaux
Petits cris aigus, frottementsCrépusculeCombles, bardageChauves-souris
Bourdonnement continuJournée, temps chaudCloison, toiture, volet roulantGuêpes, frelons
Cliquetis, grignotement discretVariablePoutres, parquet, meublesInsectes du bois
Craquements, cognementsLors d’un usage précisCharpente, tuyauterieCause mécanique

En prenant le temps d’écouter et d’observer, vous éviterez les mauvaises réponses et pourrez agir au bon moment, avant que l’intrus ne s’installe pour de bon.

Notez cet article.