Condensation matinale sur les fenêtres

Condensation matinale sur les fenêtres
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La condensation matinale sur les fenêtres n’est pas forcément le signe d’une mauvaise isolation. Parfois, c’est même l’inverse : un vitrage trop performant qui n’évacue plus la chaleur par la vitre crée des conditions idéales pour la condensation extérieure. Comprendre l’origine exacte change complètement la solution.

Condensation matinale sur les fenêtres

La condensation matinale sur les fenêtres est-elle intérieure ou extérieure ?

Avant tout traitement, identifier de quel côté se trouve la condensation. Condensation intérieure (sur la face interne de la vitre) : signe d’un excès d’humidité intérieure ou d’un déficit de ventilation. Condensation extérieure (sur la face externe) : paradoxalement signe d’un vitrage très performant dont la face externe se refroidit sous le point de rosée. Condensation entre les vitrages (brouillard dans le joint) : rupture du scellement de l’intercalaire, le double vitrage est à remplacer sans exception.

Pourquoi la condensation apparaît-elle principalement le matin ?

Le matin correspond à la température minimale de la nuit et au pic d’hygrométrie extérieure (la rosée). L’air s’est refroidi pendant la nuit et son taux d’humidité relative a augmenté. La vitre, masse thermique froide, précipite cette humidité sous forme de gouttelettes. En intérieur, la nuit sans ventilation accumule l’humidité dégagée par la respiration des occupants : 50 à 80 g d’eau par heure par personne au repos.

Quelles sont les causes d’une condensation intérieure excessive sur les fenêtres ?

Sources d’humidité intérieure à identifier

La cuisson sans hotte libère 1 à 2 L d’eau par repas. Le séchage du linge en intérieur génère environ 2,5 L d’eau par chargement de 4 kg. Un grand nombre de plantes, un bain ou une douche sans extracteur d’air et un logement neuf encore en phase de séchage s’ajoutent à cette production quotidienne.

L’humidité ne provient donc pas toujours d’une infiltration. Plusieurs activités ordinaires peuvent suffire à déséquilibrer l’air d’un logement. Les différentes causes et méthodes pour traiter une humidité dans la maison doivent être distinguées avant d’engager des travaux.

Déficit de ventilation : VMC absente ou insuffisante

Un appartement sans VMC accumule l’humidité produite chaque jour. La réglementation RT 2012 impose une VMC simple flux dans tout logement neuf, mais beaucoup de logements anciens n’en disposent pas. Un taux d’humidité intérieure supérieur à 65 % en permanence génère de la condensation sur les vitrages, les ponts thermiques et les angles de murs.

La condensation sur les fenêtres peut-elle indiquer un problème de vitrage ?

Oui, lorsque la condensation se forme entre les deux vitres d’un double vitrage. Ce brouillard intérieur persistant, qui ne disparaît pas lorsque la température augmente, révèle généralement une rupture du joint intercalaire. Le gaz isolant a fui et de l’humidité s’est introduite dans la lame d’air.

Le seul traitement durable consiste à remplacer le vitrage isolant sans nécessairement changer le cadre lorsque celui-ci reste en bon état. Une buée entre les vitres fait d’ailleurs partie des principaux signes indiquant qu’il peut être nécessaire de changer les fenêtres.

Quelles solutions permettent de réduire la condensation intérieure sur les fenêtres ?

Solutions concrètes pour réduire l’humidité intérieure et la condensation de façon durable :

  • Installer une VMC simple flux (Aldes EasyHOME Pureair Collect ou Atlantic Versus S) dans les pièces humides, avec un débit réglementaire de 15 m³/h en chambre et jusqu’à 135 m³/h en cuisine
  • Utiliser un déshumidificateur (Stadler Form Harry réglé à 50-55 % d’hygrométrie) pendant la saison froide
  • Aérer 10 minutes matin et soir avec deux fenêtres opposées ouvertes : renouvelle l’air d’une pièce en 3 à 5 minutes et évacue 80 % de l’humidité accumulée la nuit

Quel taux d’humidité intérieure est acceptable pour éviter la condensation sur les fenêtres ?

SaisonTaux d’humidité recommandéRisque de condensation sur vitrage
Hiver (T ext. -5°C)30 à 40 % HRCondensation si HR > 45 %
Hiver (T ext. 0°C)35 à 45 % HRCondensation si HR > 55 %
Printemps (T ext. 10°C)45 à 55 % HRCondensation si HR > 65 %
Été (T ext. 20°C)50 à 60 % HRRisque faible en dessous de 70 %

Comment traiter les ponts thermiques autour des fenêtres qui aggravent la condensation ?

Identifier les ponts thermiques sur et autour des fenêtres

Les ponts thermiques se repèrent par des traces de condensation ou de moisissures sur les tableaux (bords) des fenêtres et les angles de plafond. Un thermomètre infrarouge Fluke 62 MAX ou Bosch PTD1 permet de cartographier les zones froides sans aucun contact.

Traitement des ponts thermiques aux fenêtres

Traiter les tableaux non isolés avec des panneaux Knauf Therm TR 32 (5 cm) collés ou des profilés Schöck isolants. Pour les allèges, un habillage en plaques de polystyrène graphite Thermowhite (60 mm) avec enduit de finition réduit significativement la condensation sur ces zones critiques.

La condensation extérieure sur un double vitrage performant peut-elle être évitée ?

Pas entièrement, et c’est souvent une bonne nouvelle. La condensation extérieure sur un triple vitrage Uw ≤ 0,8 W/m².K ou un double vitrage Uw ≤ 1,1 W/m².K prouve que le vitrage est très isolant : si peu de chaleur traverse la vitre que sa face externe descend sous le point de rosée la nuit. Ce phénomène est normal, inévitable sur les vitrages performants et n’endommage pas les menuiseries. Il disparaît dès que le soleil chauffe la façade, généralement entre 8h et 10h selon l’orientation.

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